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De l'Echo

aux

Dynamiques

 

 

Attracteurs dans le projet Echo

Source:    http://www.oceanie.org/info.html

L'application la plus convaincante de la pensée polythétique et de l'analyse en grappes à la création d'un serveur de connaissances est l'Echo créé en 2001 par des anthropologues de l'Océanie.

«Créées à partir d’un modèle dérivé des neurosciences, les entrées de l’Echo sont appelées «attracteurs» car elles «attirent» dans un «bassin d’attraction» d’autres réalités concrètes dans lesquelles elles se répercutent. Ces grappes de sens constituent des sortes de galaxies mouvantes dont la dynamique varie parmi les populations du Pacifique. L’Echo devra éventuellement offrir la possibilité de balayer l’Océanie spatio-temporellement, représentant ces variations de configurations de sens (de bassins d’attractions) selon des paramètres choisis par l’usager.

Tous les graphes partagent une même configuration, soit l’Attracteur au centre et son Bassin d'attraction en trois cercles concentriques sur lesquels se répartissent les autres réalités concrètes «attirées» plus ou moins directement par le centre de ces cercles. Ainsi, l’irradiation de certains attracteurs sur plusieurs vecteurs s'entrecoupant en mode hypertexte illustre bien la portée polysémique des symboles culturels.»

Il nous semble que les Attracteurs ainsi conçus ne sont autres que les catégories de pensée et de langue propres à une culture donnée, et que les bassins d'attraction (si nous évitons de les définir par métaphore) ne sont autres que les champs sémantiques propres à chacune de ces catégories. Ces champs sémantiques sont polythétiques, c'est-à-dire construits en grappes (clusters).

 

Le degré d'abstraction des catégories dans le projet ECHO

Voici comment Pierre Maranda résumait les principes épistémologiques de ce projet de serveur de connaissances créé en 2001:

Dans le cadre L'exposition Peuples des eaux, gens des îles. L’Océanie, nous présentons donc — à titre expérimental — le modèle des «attracteurs» océaniens, tel que conçu par l'équipe scientifique du projet Echo [ECHO], l’Encyclopédie Culturelle Hypermédia de l’Océanie.

Le projet Echo propose trois niveaux de lecture, du moins au plus spécialisé. En tant qu’outil pédagogique et convivial, l’Echo conjugue les milieux universitaires et muséologiques et ceux de la pédagogie et de la création multimédia. Vous pouvez y naviguer à votre gré entre textes, illustrations, documents vidéo ou sonores, et construire, au fil de vos parcours, votre propre savoir à partir de matériaux de première main.

L’originalité de l’Echo tient à son approche concrète. Afin d’éviter les contraintes imposées par les idéologies occidentales dans la description des sociétés humaines, l’Echo se fonde sur des termes chargés d’un sens vital pour les Océaniens et liés à leur quotidien. Ainsi, chacune des entrées — nœuds sur les cercles concentriques des graphes — comporte une grande richesse sémantique qui suscite des résonances vives chez les Océaniens et reflète leurs façons de sentir, de penser et de vivre.

En vertu de cette approche qui privilégie le concret sur l'abstrait, nous utilisons le terme Maisons plutôt que Architecture vernaculaire; Ancêtres plutôt que Religion; Monnaie plutôt que Économie; plutôt que Anthropologie urbaine, vous lirez WantokOne-Talk»), c’est-à-dire ceux qui, parlant la même langue, se retrouvent dans les villes du Pacifique pour se regrouper en communautés plus ou moins stables.

Vous pourrez aussi récupérer les grandes catégories traditionnelles et familières aux Occidentaux, telles Architecture, Religion, etc., chaque fois à partir des données concrètes à connotations locales, voies d’accès au vécu océanien.

Président du Comité de Pilotage de l’ECHO :
Pierre Maranda, Anthropologie, Université Laval, Québec

Ni trop abstraits, comme le seraient les termes appartenant à la langue de travail des anthropologues, ni trop spécifiques d'une culture particulière comme le seraient des calques de la langue locale (mais le pidgin wantok est un calque de l'anglais des colonisateurs), les mots privilégiés pour servir d'entrées dans ce dictionnaire en ligne des cultures océaniennes et de leurs réalités vécues sont des catégories de pensée et de langue choisies de façon à nous permettre d'échapper aux spéculations a priori sur l'existence des universaux et pour nous libérer des présupposés implicites dans notre propre langue maternelle.

 

Du musée à l'atelier de création: le projet Ehess Dynamiques

Nous retenons du projet Echo l'idée d'un serveur de connaissances polythétique, au sens où il s'affiche sur les pages d'accueil des différents sites web coordonnés entre eux sur ce serveur comme un kaléidoscope dans lequel chaque visiteur construit son parcours par grappes. C'est ainsi que nous avons conçu notre propre serveur de connaissances.

Cependant, l'Encyclopédie Culturelle Hypermédia de l'Océanie n'est qu'un musée composé de collections d'images et d'entrées toutes faites. L'Echo, une fois conçu par les anthropologues et mis en ligne en 2001, est devenu l'affaire des techniciens de la communication. Il en est tout autrement du projet Ehess Dynamiques. Nos sites sont créés, développés et administrés librement et de première main par les enseignants-chercheurs de l'EHESS sur le serveur Ehess Dynamiques, sans que les processus de création, développement et administration du serveur soient jamais confiés à de petites mains (un secrétariat, des informaticiens). Les connaissances mises en ligne ne sont pas déjà faites mais en train de se faire.

Nous revendiquons comme une vertu et non pas un défaut le fait que nombre de nos pages soient constamment en construction et puissent être inopinément amendées, refondues, supprimées ou remplacées à toute heure du jour et de la nuit, suivant les progrès de notre recherche. Nous sommes passés du musée (le tout fait avant la mise en production du site) à l'atelier de création (le se faisant mis en ligne par FTP ou lignes de commande Unix 365/365 et 24/24 au gré de notre inspiration): voilà ce qui distingue de ses prédécesseurs le projet Ehess Dynamiques.