Cet atelier réunit des historiens, des sociologues, des anthropologues, et des philosophes engagés dans une réflexion sur la multiplication des controverses publiques sur le passé. Il se propose d’aller au-delà de la dimension nationale, pour envisager les tensions, les équivoques, les décalages, entre diverses perceptions de l’histoire. Un réseau international de correspondants sera constitué, de façon à couvrir le maximum d'aires géographiques et d'espaces nationaux et régionaux. Par ailleurs, différents vecteurs de la mémoire sociale seront régulièrement explorés: au-delà de l’histoire et de l’enseignement de l’histoire, l’action politique, le juridique, les média, la littérature et les arts.
Notre programme de recherche se fonde notamment sur trois considérations :
La première concerne ce qu’on pourrait appeler la géographie des affaires : il nous semble essentiel d’aller au delà de la dimension nationale et d’envisager des formes d’internationalisation voire de globalisation. Les affaires les plus brûlantes de ces dernières années concernent essentiellement deux types de situations : pour une part, des relations entre deux ou plusieurs entités nationales ; pour une autre part, des problèmes exacerbés par des tensions et parfois aussi par des équivoques, qui ne sont pas compréhensibles à l’échelle nationale. Ces décalages entre diverses perceptions du passé contribuent fortement à constituer les usages du passé en enjeu politique et social.
La deuxième considération touche à l’espace public. Les réflexions récentes sur les usages politiques du passé ont souvent été marquées par la nostalgie d’un prétendu « âge d’or » dans lequel le passé aurait été l’apanage des historiens, accessible dans un espace d’érudition rigoureusement circonscrite. Il convient sans doute de dépasser ce point de vue et de se donner les moyens d’analyser les processus de communication et les transformations contemporaines de l’espace public - dans ses multiples dimensions, nationales, religieuses, médiatiques, etc., qui souvent se superposent ou s’entrecroisent et embarquent les analyses des historiens dans une imbrication de complexité qui en affecte la nature et la portée.
La dernière considération concerne la confrontation avec d’autres formes de connaissance du passé. Comme les historiens professionnels n’ont pas l’exclusivité de l’interprétation du passé, il nous semble qu’il serait utile d’envisager de manière plus systématique d’autres acteurs et d’autres vecteurs de la mémoire sociale, tels notamment la littérature et le cinéma. Le dessein est de cultiver une politique de confrontation avec d’autres genres du discours historique, afin de lui conférer plus de profondeur et de variété. [lire le projet complet...]
Le site est mené en coopération avec un séminaire mensuel EHESS/IHTP à Paris. Vous pouvez consulter le programme de ce séminaire dans la rubrique Événements/A l'atelier.
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